Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

29/01/2015

ÉCOLE ? DES NOUVELLES DU FRONT.

Permettez ce billet qui nous éloigne de notre Sud mais qui concerne la nation, notre maison commune. A Mayotte, le fonctionnement de l'administration rappelle encore beaucoup ce qui se passait au temps des colonies : son passage, considérant son renouvellement trop rapide, se faisant au détriment du département, parait ne profiter qu’à elle. Concernant les fonctionnaires de terrain, un système de primes pervertit quelque peu la sincérité de l'engagement personnel. Revenons à la caste supérieure des hauts fonctionnaires qui ici, fait encore plus l'effet d'un État dans l’État. Presque dans une situation d'expatriés, ils viennent faire leurs preuves, se faire bien voir pour bénéficier d'une promotion au retour. L’île n'est qu'un tremplin à l’avancement. Ainsi le carriérisme semble prendre le pas sur l'engagement dans l'intérêt général.  Dans l’Éducation Nationale, ces servants du jacobinisme le plus étroit répercutent sans le moindre état d’âme les lois venues de Paris : ainsi, il faut avant tout obéir à la loi serait-elle mauvaise, au nom d’une constitution qui, paradoxalement, permet la main-mise sur tous les pouvoirs par le président et son groupe majoritaire. Et si le devoir de réserve allait traditionnellement dans le sens de  l’efficacité, en présence d’un marasme généralisé et conforté par près d’un demi-siècle d’impuissance étatique, sa stricte observance nous prive de la remise en question des orientations décidées en haut lieu (même en interne celui qui ne bêle pas avec le troupeau, traité tel une mauvaise herbe, voit son cursus professionnel pénalisé... je parle en connaissance de cause). Pour prendre un exemple concret, ces dérives et ces travers se manifestent pleinement lorsqu’il s’agit d'imposer une réforme des rythmes scolaires inadaptée sous un climat tropical, inapplicable alors qu'un même local sert pour deux classes, injuste parce que l’effort de l’État par enfant est quatre fois moindre ici qu’en métropole ! Ne parlons pas des cantines, du transport scolaire qui n'existent pas. Faut-il préciser aussi que les mairies sont sous tutelle parce qu’en faillite ?
C’est malheureusement dans ce cadre et ce syndrome de sinistrose que j’ai entrepris de ne pas passer sous silence ces dévoiements qui corrompent les idéaux républicains et démocratiques.
Ci-dessous, le billet du 18 janvier 2015.
(Pour ceux qui seraient intéressés, les articles figurent sur
https://www.facebook.com/MayotteEnDanger
ou  http://dedieujeanfrancois.blogspot.com/
ou http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/le-bas-peuple-grimace-les-hauts-162276).


Avec la rentrée, nous pouvions nous attendre à une offensive des nomenklaturistes de l’Éducation Nationale. La vice-recteur n’était-elle pas allée intriguer à Boueni, en catimini, illégalement, pour sa foutue réforme, lors des dernières vacances d’octobre ? A Sada, l’inspecteur de secteur attendait des propositions d’horaires dans le même sens. Il attend toujours... S’accommoderaient-ils de cette drôle de guerre ?
Quoi qu’il en soit, ne baissons pas la garde... Méfions-nous de la braise sous la cendre...
Faute de dialogue avec des instances aussi autoritaires qu’autistes ne discutant que pour imposer les oukases venus d’en haut, les parents d’élèves entretiennent le feu de leurs revendications. Leur organisation renforcée s’efforce de faire connaître la problématique mahoraise en métropole. On dit même qu’ils auraient été plus écoutés qu’entendus en haut lieu... Chut... à suivre...
Il ne s’agit surtout pas de crier victoire alors que la virulence des recteurs vient d’être aiguillonnée, par un père Noël pour eux tout seuls, serait-il passé le 28 décembre. Diable, ce ne sont plus des enfants !

 

Abracadabra.jpg

Le système, en effet (de jour en jour, il nous en coûte toujours davantage, au propre et au figuré, de le nommer «l’État ») a décidé de récompenser la « manière de servir » de ces gens-là. Ainsi un arrêté du 28 décembre 2014 vient presque doubler la prime annuelle aux recteurs de l’Éducation Nationale ! 25 620 euros soit 10 420 d’augmentation ! 68 % d’un coup ! On tousse au ministère : Najat a avancé une simple « mise à niveau » par rapport à la crème des fonctionnaires : mariée à Boris Vallaud, rescapé du naufrage Montebourg, elle sait de quoi elle parle ! Son sens inné du ridicule lui a fait même prétexter une « crise de recrutement » qui nous fait bien rigoler quand on subodore les luttes d’influence entre réseaux, entre courtisans, pour décrocher les faveurs des caciques, des sous-fifres du prince !

 

Najat_Vallaud-Belkacem-crop.jpg

Mais, suis-je mauvaise langue, seuls les serviles, capables de démontrer une « manière de servir » conforme au dogme, auront la gamelle servie ! Ces primes augmentées à l’obéissance, à la docilité, prouvent malheureusement que le bien fondé des réformes à appliquer ne suffit pas à mettre en branle l’altruisme républicain... Un altruisme, une solidarité qui ne se pose même pas la question de savoir s’il ne fallait pas plutôt baisser le montant indécent des primes de tous les mandarins de la république ! Dommage, vraiment, que Claude Allègre, le dégraisseur de jadis, se soit trompé de mammouth !
Mais laissons-les enquêter sur le nombre de collégiens qui se sont fait remarquer pour la minute de silence (aucun écho à Mayotte... comme c’est étrange...) avant qu’ils n’en reviennent à la noble mission qui consiste avant tout à brider les enseignants : les chefs d’établissements aussi touchent des primes pour « la manière de servir » ! Il fut un temps où les doléances remontaient. Depuis une quinzaine d’années, ce sont les coups de bâton qui retombent, les admonestations sinon l’intimidation hiérarchique ! Il fut un temps où l’administration laissait les parents à leur responsabilité éducative. Depuis quelques années, ce rôle leur est peu à peu contesté et les réformes imposées démontrent tout le mépris affiché par un appareil aux dérives fascisantes, osons le mot !
Mais les chiens aboient et le Père Noël passe, avec, pour nos pauvres recteurs, une hotte débordante : de quoi faire oublier la crise à ces "bras armés" de l’Éducation Nationale ! Concernant ceux qui voient, part contre, les valeurs de respect, de dignité et d’honneur se diluer dans une abjection institutionnalisée, bénéficieraient-ils encore de conditions enviables (par rapport à nombre de Mahorais), sans aborder la charge augmentée des impôts, nous ne parlerons qu’en conclusion du salaire gelé depuis cinq ans et du mois de janvier qui sera inférieur à celui de décembre avec la cotisation retraite qui augmente !
En espérant, parce que, parallèlement au classement PISA (1), nous ne sommes que 39èmes (et 20èmes de l’UE !) pour la liberté de la presse (2) http://rsf.org/index2014/fr-index2014.php, que mon propos ne relève pas d’une quelconque apologie illégale, serait-ce celle d’une nouvelle république, souffrez que pendant que le gros ENTASSE et que notre haut fonctionnaire AMASSE, le bas-peuple lui, GRIMACE... en attendant qu’à force, ils se RAMASSENT, et même qu’on les TERRASSE... Non, non, aucun rapport avec un élu de l’Assemblée Nationale... (enfin personne ne vous empêche de titiller votre moteur de recherche).

(1) France en 2012 :
mathématiques : 25ème mondial, 14ème européen seulement !
sciences : 26ème mondial et 15ème européen !
lecture : 21ème mondial et 10ème européen, OUF !
(2) Charlie Hebdo ne serait qu’un arbre cachant la forêt ?

 

 

Les commentaires sont fermés.