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31/08/2015

CAMINANTE 2.

 

Bon, il y a aussi « Qu’il est long qu’il est loin, ton chemin papa, c’est vraiment fatigant d’aller où tu vas... » et encore

«... C'était un homme en déroute,
c’était un frère sans doute ...
/... et sur les routes de l'exil...

/... Il me reste toute la terre
Mais je n’en demandais pas tant
Quand j’ai passé la frontière
Il n’y avait rien devant
J’allais d’escale en escale
Loin de ma terre natale... » (1)

La terre natale, c’est sacré ! Pour un Languedocien, apprendré à son drolle ço qu’es uno biso, un bartas (2), c’est l’enraciner à ses aïeux, à sa langue, au pays... Et ça il ne faut pas y toucher ! C’est vital, profond, si loin du consumérisme superficiel servi par la télé jacobine, dans un registre “vacancez cool...” infantilisant, faisant par exemple se rengorger un nanti sur la “Côôôte”, prêt à payer plusieurs centaines d’euros la nuit, mais avec la vue sur les criques, autre chose pour lui que la monotonie des sables infinis. C’est si terre à terre que je crains d’en ternir mon propos en invoquant du Bellay :

« Plus mon petit Saint-Pierre que ton chic tropézien... Lou podes gardar, ton périmètre de snobs étriqués, je préfère embrasser le Golfe du Lion, avec le Caroux et l’Espinouse derrière, les Corbières et le fier Canigou devant, du Mt-St-Clair au Cabo de Creus dans le vague, sur plus de 170 kilomètres, marqués par Valery, Brassens, Monfreid, Machado, Trénet, Maillol... ! »

A chacun la monotonie qu’il veut voir...

(1) «Yo soy un hombre sincero, de donde crece la palma (Je suis un homme sincère de l’endroit où le palmier croît),

y antes de morir me quiero echar mis versos del alma. (et avant de mourir je veux envoyer les vers de mon âme)

Mi verso es de verde claro, y de un carmen encendido (Mon poème est d’un vert clair et d’un carmin enflammé).

Mi verso es un ciervo herido que busca en el monte amparo (Mon poème est un cerf blessé qui cherche refuge dans la montagne). Por los pobres de la tierra, quiero yo mi suerte echar (Je veux que mon destin serve les pauvres de la terre),

y el arroyo de la sierra, me complace mas que el mar ( et plus me plaît le ruisseau de la sierra que la mer).»

Quelle émotion, en castillan si bien rendu par Joe Dassin (1966). Avant de faire l’objet d’une chanson cubaine (1928), l’air de Guantanamera est parti d’Andalousie, vers 1700.

(2) traduit par “apprendre à son gamin ce qu’est un sarment, un buisson (une garrouille ?)", évocation du beau poème de Jean Camp (de Salles-d’Aude) Lou Doublidaïre (avec cette orthographe et la même prononciation que pour ”trabucaire”).

PIC_4338.JPG

photo Saint-Pierre-la-Mer

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