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01/05/2016

AMITIÉ, AMOUR, TOUJOURS ET A JAMAIS !

« Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. » Le Château de ma Mère. Marcel Pagnol. 

 

André Marcel, A. Pédrola Le Rocher 1940.jpg

 

Une joie, fulminante, celle des retrouvailles inattendues avec André Pédrola, 87 ans alors, un ancien de la rue Trémolières. Grâce à Coursan (Lulu Auret dit Pilule), entre le Canada, Fleury et la Réunion, sur moins de deux ans, une cataracte de mots à rendre jalouses les Chutes du Niagara, les tempêtes du Grec et les cyclones de l'Indien réunis : des échanges qui ont rempli des pages et des pages de bienveillance, de souci de l’autre, d’amour, pour le dire en un mot !
L’inévitable et inoubliable chagrin qui s'ensuivit ne saurait être sans l’attachement qui en fut la cause.
 

Les cerisiers fleurissent au village, pour Pâques déjà.
Entre quelques pieds de muscat, entre la maison d’André et la nôtre, celui de mon grand-père éblouissait le voisinage. Aujourd’hui, demeure le symbole, fragile certes mais aussi fulgurant qu’infini, de ce qu’une amitié vraie peut porter et ça, il faut absolument le dire aux enfants ! 

 

André Pédrola. Trains_de_la_Mure (anthracyte pure à 95 % !).jpg

 

Au début des années 50, avec son Renault 3 tonnes, "cabine avancée" André est parti travailler à la centrale du Villaret. Il raconte :

«... Le printemps venu, un ouvrier du coin qui travaillait avec nous m'a dit , je connais un gars du Villaret qui a une petite maison à louer.
Je suis allé la voir le soir même, un peu déçu de trouver une toute petite masure en très mauvais état. Encore plus déçu lorsqu'il m'a dit que son ami demandait 10 000 f par mois :
« Voyons as-tu vu les réparations ? »
Réponse si tu veux faire des réparations libre à toi, mais à tes frais. Il a ajouté demain je dois le faire voir à un autre potentiel locataire.
Je voulais tellement avoir les miens avec moi, que j'ai accepté de me faire arnaquer. Et je savais par qui, n'ayant jamais rencontré le soi-disant propriétaire. Tous les copains m'ont aidé à faire ces travaux à peu de frais, récupérant les matériaux sur le chantier.
À Pâques je suis descendu dans le Midi pour récupérer les êtres les plus chéris au monde. En arrivant dans notre nouveau univers, j'avais peur que ma douce moitié trouve le logis minable. Elle m'a dit : c'est le plus beau parce que c'est le nôtre.
Il ne payait pas de mine avec sa porte et ses volets verts, collée contre le petit bistrot de Basile. Sis sur la rue la plus haute de ce petit village, peuplé d'une centaine de mineurs. Au dernier tournant pour accéder à la rue, il y avait une petite ferme. Le fermier me permettait de stationner mon auto dans sa cour. Lorsque je lui avais demandé combien ça me coûterait, il m'avait répondu : entre voisins il faut bien s'entraider. C'était vraiment un bon gars accommodant, tous les enfants du village venaient jouer dans sa cour.
Ma petit Dany avait trouvé un petit copain, le plus jeune fils du fermier, qui avait 7 où 8 ans. Notre fille l'accompagnait pour garder les vaches , dans le pré juste au-dessus de la maison. Simone allait leur porter le goûter vers les 15h . Le petit Jean-François avait trouvé , dans cette cour, le terrain de jeu idéal. Avec ses nouveaux compagnons de jeu, ils fouillaient dans tous les coins. Un jour Simone a vu un schtroumf sortir de la cour , il s'était renversé un pot de peinture bleue sur la tête.
Pauvre maman , malgré des heures de shampooinage et de lavage à la brosse, le fouineur a gardé son ventre bleu plusieurs jours...»
André Pédrola (1923 - 2012).  

 

C'étaient ses bons vœux de Pâques 2010. 

 

Pédrola4.JPG

 

 Photos 1. André, François (papa) et Marcel du pays de Sault sur le rocher à Saint-Pierre (1940).
2. le «petit train» de la Mure (wagons d’anthracite pure à 95 % !) / commons wikimedia / auteur Trams aux fils 2010.
3. André et Simone (déc 2010)

29/04/2016

NON, NON, NON, NON, IL N'EST PAS MORT CAR IL SOUFFLE ENCORE ! (bis) / Fleury d'Aude en Languedoc

 

Suite aux articles « QUI TROUVE LE CERS PERD LA TRAMONTANE... I & II d’octobre 2013, la défense de l’identité audoise impose d’exposer, au fur et à mesure qu’ils la confortent, les arguments contre une globalisation détestable parce que le consumérisme intéressé qu’elle impose va de pair avec le dénigrement du particularisme culturel.
Plutôt que d’alimenter en commentaires les articles concernés (accessibles d’un clic sur les liens ci-joints), un extrait de la REVUE FOLKLORE 1972.
https://www.facebook.com/fleuryaudelanguedoc/posts/692089...
https://www.facebook.com/fleuryaudelanguedoc/posts/696016...

Sous la plume de P. Andrieu-Barthe, à propos des vents de l’Aude en aval de Carcassonne, nous pouvons lire :
 

* «...un vaste couloir où les vents acquièrent la vitesse de courants d’air...» définissant, vers le Lauragais, la plaine minervoise qui se resserre entre la Montagne Noire et les Corbières.
 

** «.../... Le rival du Marin est le Cers.../... que les Romains, par crainte, déifièrent.../... Dans la plaine Minervoise toute habitation comporte une orientation, une muraille ou une haie de cyprès pour se défendre du côté du Cers et non du Marin... ».
 

*** «.../... Après la Toussaint s’installe habituellement une période de marin froid. Le Cers glacé règne ensuite en hiver et surtout au printemps où il effeuille impitoyablement les pétales des précoces amandiers, mais durant l’été, il tempère agréablement la chaleur, caressant et léger...».
 

**** «.../... La Tramontane reste localisée en Roussillon. Il faut arriver à Montpellier pour entendre parler du Mistral... »
 

***** «.../... Détestés des étrangers venant de pays plus calmes et qu’ils tourmentent, ils sont familiers aux autochtones qui, en fulminant sans cesse contre eux, ne peuvent s’en passer. S’ils viennent à se calmer, on entend dire : "On ne respire pas, il n’y a pas d’air" ou, dans le cas contraire : "Il fait bon, il fait de l'air".

Décembre 63 -29.jpg

diapo François Dedieu vignes et pins à l'automne (1963). 

 

 

16/04/2016

« Y’ A PAÏ MAÏ DE SÉSOUN ! »

calendula arvensis Atlas_de_poche_des_plantes_des_champs,_des_prairies_et_des_bois_(PLATE_70)_(6022010145).jpg

 

« Y’a paï maï de sésoun ! »
Oui, je sais, j’ai eu la cagne de poursuivre Carnaval alors que les écoles de Fleury, de sortie dernièrement, en donnaient l’occasion...
Pardon si mon être revient toujours dans les vignes, devant le tapis blanc de diplotaxis fausse rouquette piqueté du jaune et de l’orangé des petits soucis qui résistent si bien aux gelées... Mais là j’en suis encore resté aux vrais hivers, c’est ce qui arrive à partir d’un âge certain et nos petits soucis n’ont plus guère à batailler semble-t-il,contre la méchante saison. 

 

 

Diplotaxis fausse rouquette com wikim auteur Jean Tosti Thuir 2005.jpg

 

Le manque exacerbant l’envie, n’avions-nous pas déjà le goût des premiers signes si désirés du printemps ?
Cette anticipation dont on se régalait à l’avance parce que les rites ou coutumes, calqués sur nos horloges biologiques, en cochaient le calendrier ! Une satisfaction du besoin venant toujours à point pour ceux qui doivent attendre... L’impatience positivée des prémices, à condition, sine qua non, que le plaisir soit au bout, à moins ou plus long terme, comme en amour ou lorsqu’on se conforte, pour rester en forme, parce qu’un bon repas est programmé, quelle qu’en soit l’occasion !
A l’instar des goûts ou des couleurs, le plaisir est aussi polymorphe qu’inquantifiable, le qualifierait-on de petit ou de grand. Après l’amandier en fleur, j’en suis encore aux asperges sauvages. Un rapport avec Angleterre-France de tout à l’heure ? Peut-être mais sans la sérénité d’alors car l’inquiétude s’insinue : les premières omelettes datent de début janvier, à Rivesaltes voire dans le Cabardès... Merci le journal local ; L’Indépendant en parle, gardant le lien, même si les gens changent aussi, réclamant l’anonymat et le secret sur de prétendus coins pour ce don jadis si généreux de la nature. De quoi en couper le fioulet (1) à Pan sans parler de Kronos, moins maître du temps que jamais, lui, qui ne nous les offrait pas avant mars.
Et si la bêtise humaine persiste et s'amplifie, en particulier à cause de "l'économie ouverte", comme j’ai eu l’occasion de l’entendre dans la bouche d’un triste journaliste perverti,  le « Y’a plus de saison ! » actuel, plus vrai que jamais, n’augure rien de bon, n’en déplaise aux indécrottables optimistes qui ne veulent pas croire que la Terre tournera un jour mais sans eux... 


(1) le sifflet sinon la flûte...

 

PS : j’ai eu l’occasion de partager la page de Gilbert sur ces belles randonnées à l’infini par chez nous ; ci-joint, son blog tout de patience, de convictions, d’espérance et d’amour pour l’homme dans la diversité de son séjour terrestre http://gilbertjullien.kazeo.com/le-circuit-des-templiers-832-m-depuis-bugarach-465-m-a120392574    

 

 

 

 

 

photos autorisées commons wikimedia 

1. diplotaxis fausse rouquette.
2. calendula arvensis Atlas_de_poche_des_plantes_des_champs,_des_prairies_et_des_bois

_(PLATE_70)_(6022010145)

3. Vigne Flore_coloriée_de_poche_du_littoral_méditerranéen_de_Gênes_à_Barcelone_y_compris_la_Corse_(6243931751) aut Penzig. O.