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04/10/2015

CAMINANTE (oubli)

Une, encore, qui a chanté le chemin de l’exil dans les îles, Césaria Evora : 

 

cesaria Evora commons wikimédia.jpg

       Cesaria Evora / photo Silvio Tanaka / commons wikimedia

   

 « Quem mostra' bo (Qui t’a montré)

    Ess caminho longe ? (Ce long chemin)

    Quem mostra' bo (Qui t’a montré)

    Ess caminho longe ? (Ce long chemin)

    Ess caminho (Ce chemin)

    Pa São Tomé ? (Pour São Tomé ?)

 

    Sodade sodade (saudade, saudade)

    Sodade (saudade)

    Dess nha terra Sao Nicolau (De ma terre de São Nicolau) »

 

    Laissez-moi à cette saudade, à cette nostalgie, déclinées dans nos langues romanes (1). Ce mal du pays, qui se conjugue avec la mélancolie du temps qui passe, meurtrit mais forme l’âme et la renforce aussi...

    « Pour autant que vaille un homme, il n’aura jamais de plus haute valeur que celle d'être un homme. » (Antonio Machado).

 

(1) Alliées au français, le castillan, l’occitan, le portugais sans oublier de citer l’italien pour l’interprétation de Guantanamera par Caramel ou son adaptation par Zucchero...

13/09/2015

CAMINANTE 5.

 

PIC_5192.JPG

 

De Dassin à Machado, en passant par Jean Camp... Mes pensées en étaient là, du moins en parcourant notre route de la Clape, face au soleil couchant, dans cette lumière unique d’une fin août, quand le cœur tourne le dos aux embruns iodés pour chercher l’odeur du moût dans les comportes. Sinon, c’était comme sur le chemin de Vinassan où nous étions partis fêter la famille et l’été. A Combe-levrière, les derniers rayons rasaient la pinède mais après la longue côte des pins de Gibert (la génération d'avant disait “Tarailhan"), nous avions retrouvé notre astre dans une clarté aussi douce que dorée, sur la mer de vignes de l’ancien étang...

Je devais vous parler du train, de l’avion, du stress, des tensions, de l’angoisse... il fallait pourtant que je dise d’abord le regret de perdre la bruine salée de la mer sans pouvoir goûter pour autant le sucre coulant des raisins...

03/09/2015

CAMINANTE 4

Antonio Machado, le grand poète espagnol, était un de ces fugitifs. Il devait finir ses jours, peu après et non loin, à Collioure, trois jours avant sa vieille mère. Un destin tragique, encore une histoire de chemin :

« Caminante, son tus huellas (Voyageur, ce sont tes traces)

el camino y nada más ; (le chemin et rien d'autre émoticône wink

caminante, no hay camino, (toi qui marches, il n'y a pas de chemin,)

se hace camino al andar. (le chemin se fait en marchant.)

Al andar se hace camino (Le chemin se fait en marchant)

y al volver la vista atrás (et en regardant en arrière)

se ve la senda que nunca (on voit le sentier qui jamais)

se ha de volver a pisar. (ne se laissera fouler à nouveau.)

Antonio_Machado_por_Leandro_Oroz_(1925).jpg

photo : Antonio Machado por Leandro Oroz 1925.